sur ma tombe je danse

la chape du ciel est tombée
noir dehors noir dedans
la ville s’abîme aveugle
ombre du ciel
ombre du cœur
clarté de l’aube en deuil
tenir debout quand le cœur s’éteint
avancer pas à pas dans la mémoire du matin
tu meurs je meurs
esprits incertains
et l’eau se déverse
et l’eau nous bouleverse
drainant les idées noires
lavant la paresse des cœurs sans espoir
les équilibres chavirent
tirant derrière tirant dessous
tirant partout
arrimée à l’ancre de mes pas
je pousse mes ténèbres devant moi
j’avance dans la rue Noire
et sous ma cape d’ombre
je danse

remanence 1 1

poids du corps
poids du jour
poids des rêves
poids du cœur
verticalité

réduire l’espace en soi
au point de gravité
pour alléger
absorber effacer
le poids
la chute
le sol dérobé
le ciel effondré

verticalité
pour
exister

le jour se fait le miroir de ses nuits
effondrement

remanence 21

sous la pression du souvenir dans sa chair
pauvre chimère susurre dans un coin de ciel
emportée par le reflux de la mémoire cellulaire
elle chancelle marquée au fer
corps sablier ne connaît pas le temps
inconscient

liberté dérobée dans les draps candides d’une nuit désastrée
liberté arrachée sur le pavé

elle s’étoile à la lueur des ténèbres

un essaim lunaire fréquence de la terre un corps intercalaire une particule de l’univers

remanence 17

exaltée à l’idée de
toucher
enfin
le fond

puits
ma main sur la dernière pierre
me hisse vers la lumière
reviens à

remanence 15
remanence 20

sous l’empire hypnotique de ma stupeur brûle chaque particule de la fureur court le long de mes nerfs en pleurs je suis l’origine le sens le devenir je suis là de toutes parts entière pleine du souvenir là en ce lieu en cet instant hier et à venir l’espace-temps s’enroule sur moi-même

point de désillusion disparition

remanence 5

danser renverse le corps
élan piégé englué
corps lourd de larmes trébuche sur l’âme alarmée
danser consume le corps
son sang circule à contre-sens
ce corps incendié dans sa chute court-circuité
danser réveille les morts
le corps hébété les morts affamés
donne-moi ton corps encore
fais-moi un shoot laisse-moi ton sang et va-t’en
danser porte le poids des corps morts
douleur de vie désir de mort
danser encore jusqu’à tuer ma propre mort

un hamster dans la roue du temps

sacrum sacré le cul bloqué
verrou d’une porte forcée

remanence 1 2

manque douleur du manque vide douleur du vide mécanique froide peuplée de monstres
chut !
chute sans pesanteur poids du corps insoutenable déroulé du temps espace vertical tout petit univers immense trou noir
sans dessus dessous lignes de fuite fuite d’horizon
dilatation

déroulé du temps trépas de glace vide vertical dos à dos en suspens trop lourdes paupières rideaux de fer de rues en hiver
fuite immobile suppliant l’oubli

sans dessus dessous lignes de fuite fuite d’horizon
condensation
froide étreinte baiser de mort amor à mort court sur le corps

retourner en exil ne plus voir ne plus savoir ne plus mon vagin mon ventre déchiré de savoir de trop voir ne plus sentir le jour me broyer les ovaires mettre à feu à sang mon antre dehors dedans dans tous les ventres d’innombrables naissances avortées trop dur trop blanc même les yeux plissés même la tête baissée un noir blanchi à sang brûlant suffocant ne plus sentir la mort âcre poisseuse l’haleine de toutes les morts rampantes infiltrées des temps passés futurs vivants maintenant des mains encore de toutes ces mains entachées de sang du sang de l’autre d’une autre pas autre que moi la mort de moi en tout autre tuer ravir nier

remanence 1

un quart à droite immobile

une vie entière
pour un demi-tour

partition de femme inflexion de chair
gestation de l’âme

poussière

laurier
e
pin
i
d
o
pommier
t
eucalyptus
roseau
arbre à soie

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